Photographier un mariage avec deux Leica SL3 : mon retour d’expérience

Photographier un mariage avec un seul boîtier demande déjà une certaine organisation. Alors, qu’est-ce que ça donne lorsqu’on décide de travailler avec deux Leica SL3, chacun ayant un rôle bien précis ?
C’est exactement ce que j’ai fait lors d’un mariage récent, avec mon Leica SL3-P et mon Leica SL3-S.
Cette configuration n’était pas uniquement une question de sécurité ou de redondance. Au fil de la journée, les deux boîtiers ont fini par avoir des rôles différents : le SL3-P avec mon zoom principal, et le SL3-S principalement pour les focales grand-angle.
Voici donc mon retour d’expérience après une vraie journée de mariage avec ce setup.

Deux boîtiers, deux rôles
Je portais les deux boîtiers sur deux sangles en cuir.
Sur le SL3-P, j’avais monté le Leica 28-70 mm f/2.8. C’est clairement l’objectif que j’ai le plus utilisé pendant la journée. Avec cette plage focale, je pouvais passer rapidement d’une scène assez large à un portrait plus serré sans changer d’objectif.
J’ai principalement utilisé le SL3-P à 26 mégapixels, plutôt qu’à 44 MP. Pour un mariage et de l’événementiel, 26 MP sont largement suffisants à mes yeux. Et c’est justement l’un des aspects que j’apprécie particulièrement sur ce boîtier : pouvoir choisir entre 26 et 44 MP en fonction de ses besoins.

Les 44 MP peuvent être intéressants pour des portraits plus détaillés ou lorsque l’on sait que l’on va recadrer fortement en post-production. Pour de l’événementiel, je préfère largement rester à 26 MP.
J’ai également utilisé un Samyang 35-150 mm f/2-2.8, un objectif extrêmement polyvalent et particulièrement intéressant lorsque la lumière commence à manquer. Son autofocus peut parfois avoir un peu plus de mal à suivre, mais pour isoler une personne pendant un cocktail, par exemple, c’est un objectif très efficace.
Sur le SL3-S, j’avais monté le Samyang développé en collaboration avec Schneider-Kreuznach. C’est un objectif que je trouve particulièrement sous-estimé : il offre une très belle qualité d’image et représente, à mon avis, une excellente valeur.
Au final, la répartition était assez simple :
SL3-P + 28-70 mm : mon boîtier principal pour la majorité des photos.
SL3-S + grand-angle : les photos nécessitant une perspective plus large.
Et cette combinaison a très bien fonctionné.

Une cérémonie dans des conditions de lumière difficiles
La partie la plus intéressante de cette expérience a probablement été la cérémonie.
Elle s’est déroulée dans un château assez sombre, avec une lumière particulièrement compliquée : des spots jaunes d’un côté, une fenêtre laissant entrer une lumière bleutée de l’autre, et globalement très peu de lumière disponible.
Pour un photographe, ce genre de situation demande de constamment jongler entre les différentes sources lumineuses et une plage dynamique importante.
Et c’est justement là que les deux boîtiers m’ont vraiment rassuré.
À certains moments, le SL3-P est monté jusqu’à 32 000 ISO.
Je garde généralement mes objectifs autour de f/4 pendant un mariage. Je préfère avoir suffisamment de profondeur de champ pour limiter le risque de rater une photo parce que le sujet a légèrement bougé et que l’œil n’est plus parfaitement net.
À 32 000 ISO, on pourrait évidemment s’attendre à beaucoup de bruit. Mais Lightroom m’a permis de récupérer énormément d’informations grâce à la réduction de bruit.
C’est d’ailleurs un outil que j’utilise énormément lorsque je photographie des événements dans des conditions de faible luminosité.

Les profils utilisateur : un vrai avantage pendant un mariage
L’une des fonctions que j’apprécie particulièrement sur les Leica SL est la possibilité de créer des profils utilisateur personnalisés.
Pour un mariage, c’est extrêmement pratique.
J’ai configuré mes profils en fonction de différentes situations : intérieur, extérieur, avec ou sans flash, etc. Cela permet de modifier rapidement plusieurs réglages en même temps plutôt que de devoir parcourir les menus à chaque changement de situation.
Une fois que l’on a pris le temps de configurer les profils correctement, on peut réellement adapter son boîtier à la situation en un seul geste.
Et c’est quelque chose qui contribue beaucoup à mon expérience avec les SL.
Bien sûr, d’autres fabricants proposent des fonctions similaires. Techniquement, une photo prise avec un Leica, un Panasonic ou un Canon peut être absolument magnifique.
La différence que je ressens est davantage dans l’expérience d’utilisation.
Personnellement, avec les SL, je trouve que je rate moins de moments et que je prends davantage de plaisir à photographier.

Autofocus : pourquoi je continue à photographier au centre
Le SL3-P dispose d’un autofocus avec suivi du sujet très performant, et je l’ai évidemment testé pendant cette journée.
Mais ma manière de travailler reste assez traditionnelle : mise au point au centre, puis recadrage, un peu comme je le faisais autrefois avec mes Leica M.
Le tracking fonctionne très bien, notamment avec le 28-70 mm, et je l’ai utilisé dans certaines situations. Mais ce n’est pas la fonction que j’utilise le plus.
Je ne suis pas non plus un grand utilisateur des rafales.
Il y a évidemment des situations où elles deviennent très utiles : le lancer du bouquet, un enfant qui marche pendant la cérémonie ou n’importe quel moment où l’action est rapide et imprévisible.
Mais pour la majorité d’un mariage, je préfère anticiper et déclencher au bon moment plutôt que de photographier systématiquement en rafale.

Les batteries : le point à ne pas négliger
Les batteries des générations récentes de Leica, notamment celles introduites avec le Q3, sont bonnes.
J’en avais trois : une dans chaque boîtier et une supplémentaire.
Mais après cette expérience, je pense que quatre batteries sont un minimum confortable lorsqu’on travaille avec deux boîtiers.
L’idéal est de pouvoir avoir deux batteries en utilisation et deux autres en charge.
J’utilise pour cela le chargeur double USB-C Leica. C’est particulièrement pratique parce que les batteries peuvent continuer à charger pendant que je photographie.
Et ce détail devient important lorsqu’on travaille dans un endroit où les prises électriques ne sont pas facilement accessibles.

La sauvegarde : pour moi, ce n’est pas négociable
Pour un mariage, je considère la sauvegarde comme essentielle.
Je photographie systématiquement avec une copie de sécurité sur deux cartes : SD et CFexpress.
L’idée est simple : si quelque chose arrive à l’une des cartes, les photos existent toujours sur l’autre.
Perdre des photos de vacances est déjà une mauvaise expérience. Perdre les photos d’un mariage peut être catastrophique. Et mon workflow ne s’arrête pas là.
Lorsque je rentre au studio, quelle que soit l’heure à laquelle je termine, je transfère mes photos sur mon NAS. Elles sont ensuite copiées de manière redondante sur deux disques externes.
Cela me permet d’avoir plusieurs niveaux de sécurité avant même de commencer le travail de sélection et de retouche.
Pour moi, c’est une partie aussi importante du métier que l’appareil photo lui-même.

Les fichiers DNG : un vrai plaisir à travailler
L’un des autres avantages de travailler avec ces deux boîtiers est le workflow autour des fichiers DNG.
Les fichiers provenant des deux appareils peuvent facilement être mélangés dans Lightroom, ce qui simplifie énormément le travail lorsque l’on photographie une journée entière avec deux boîtiers différents.
La récupération des ombres fonctionne très bien, tout comme les corrections générales d’exposition.
Et pour la réduction de bruit, les outils actuels de Lightroom permettent vraiment de tirer beaucoup de fichiers réalisés à haute sensibilité ISO.
Évidemment, tout commence par une bonne exposition dans le boîtier. Aucun logiciel ne remplacera une photo correctement exposée et une bonne compréhension de la lumière.
Mais lorsque la prise de vue est maîtrisée, les fichiers des SL3-P et SL3-S sont vraiment agréables à traiter.
J’utilise ensuite mes propres presets ou d’autres presets selon les situations pour
accélérer encore davantage le workflow.

Et la chaleur ?
Une autre question que je me suis posée pendant ce mariage : est-ce que les boîtiers allaient chauffer ?
La journée était particulièrement chaude, avec une température qui est montée jusqu’à environ 36 °C.
Je transpirais énormément, et j’ai également fait quelques rafales pour tester les boîtiers dans ces conditions.
J’ai même filmé avec le SL3-P pendant environ une heure.
Le boîtier a évidemment chauffé un peu, ce qui est normal, mais je n’ai rencontré aucun problème de surchauffe.
Même avec les petits éléments de personnalisation que j’avais ajoutés sur les boîtiers, je n’ai pas constaté de problème particulier.
Sur cette journée, les deux boîtiers ont donc parfaitement tenu le coup.

Deux vrais « tanks » pour les mariages
Au final, c’est probablement la meilleure façon de résumer mon expérience.
Les SL3-P et SL3-S sont deux boîtiers extrêmement rassurants pour travailler sur un mariage.
Ils sont performants en basse lumière, disposent d’un autofocus efficace, offrent une excellente qualité d’image et, surtout, donnent cette impression d’être capables d’encaisser une journée entière de travail dans des conditions parfois difficiles.
Bien sûr, il ne faut pas oublier une chose : un bon photographe peut réaliser de magnifiques images avec pratiquement n’importe quel boîtier.
L’appareil ne remplace ni l'expérience, ni la composition, ni la capacité à anticiper un moment.
Mais lorsqu’un boîtier fonctionne exactement comme on le souhaite, qu’il ne nous oblige pas à réfléchir à la technique en permanence et qu’il nous permet de nous concentrer sur ce qui se passe devant nous, cela devient un véritable plaisir.
Et c’est exactement ce que j’ai ressenti pendant ce mariage.

Mon setup mariage avec les Leica SL3-P et SL3-S
Après cette expérience, mon setup est donc assez clair :
Leica SL3-P + 28-70 mm pour la majorité de la journée, avec le SL3-S + grand-angle comme second boîtier.
Deux boîtiers, deux focales, deux batteries en permanence disponibles et surtout une double sauvegarde des images.
Est-ce que cette configuration est indispensable pour photographier un mariage ? Absolument pas.
Est-ce qu’elle fonctionne très bien pour moi ? Oui, sans aucun doute.
Et c’est finalement ça le plus important : trouver un setup qui nous permet de travailler sereinement, rapidement et avec plaisir.
Si tu photographiez également des mariages, je serais curieux de connaître votre configuration. Quel boîtier utilisez-vous ? Quels objectifs ? Et surtout, est-ce que vous travaillez avec deux boîtiers ?
Je suis également photographe de mariage en Suisse — découvrez mes reportages de mariage ici.






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